cadière

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Denomination
  • cadière

  • monnaie

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Description analytique

Avers/ la duchesse - reine, couronnée, vêtue d'une robe au armes de France et de Bretagne et couverte du manteau royal, tenant l'épée et le sceptre, assise de face sur un trône drapé en majesté ; dessous, la date 1498.Revers/ dans un cercle délié, croix égale chargée en coeur d'une N onciale, ornée à chaque extrémité de deux bourrelets inégaux surmontés d'une croix fichée entre deux pétales de lis ; aux cantons, quatre mouchetures couronnées.

Désignation :Typologie : Bigot 1352Typologie : P.A. 1399Création :Rôle de l'auteur : EmetteurAuteur : Anne de BretagneNotes : ANNE DE BRETAGNE, 1488-1514.Anne devient duchesse en 1488 à l'âge de 11 ans, elle doit faire face aux hostilités avec la France en 1490. Elle se réfugie à Rennes qui est assiégée par les Français. Elle consent à épouser le roi de France, Charles VIII, le 6 décembre 1491, mais obtient du roi le maintien des privilèges de la Bretagne en 1492. A la mort du roi, en 1498, elle se retire en Bretagne tout en s'occupant de l'administration de son duché en rétablissant la chancellerie et en convoquant les États à Rennes. Le 8 janvier 1491 elle épouse le roi de France Louis XII. Le contrat de mariage stipule, " non pas d'assurer à la Bretagne une existence indépendante, mais une administration distincte et de fixer des garanties pour le maintien d'une constitution bretonne : États, justice, coutumes, traditions " (A. de la Borderie, Histoire de Bretagne, p. 593). Elle meurt en 1514 en laissant deux filles dont l'aînée, Claude de France, épouse François Ier. Exécution :Date d'exécution : 1498Lieu d'exécution : NantesNotes : Monnaie frappée durant le premier veuvage de la duchesse Matière et technique :Matière : orMesures :Mesures : Diamètre en cm  2,8Poids en gr  3,47Inscriptions / marques :Type d'inscription : LégendeLangue : LatinEmplacement : DroitTranscription : ANNA D G FRAN REGINA ET BRITNVM DVCISSA Traduction : Anne par la grâce de Dieu règne de France et duchesse des Bretons Type d'inscription : LégendeLangue : LatinEmplacement : ReversTranscription : + SIT NOMEN DOMINI BENEDICTVM N Traduction : Que soit béni le nom du Seigneur Observations :vitrine monnaies bretonnes palais rez- de-chaussé salle GuenrouetLa Cadière d'Anne de BretagneUn témoin en or de la résistance bretonneOutre une réussite esthétique indéniable dans un style qui marque la transition entre le Moyen Age gothique et la Renaissance, ce qui fait de la Cadelière d'or d'Anne de Bretagne un véritable monument de la numismatique du duché de Bretagne, c'est son importance symbolique qui en fait surtout un témoin majeur de la volonté de la duchesse et reine de maintenir l'indépendance de la Bretagne, menacée par le mariage qui lui fut imposé par le roi de France Charles VIII.A la mort de Charles VIII (1483-1498) que la duchesse avait dû épouser de force sept ans plus tôt, Anne affiche sa volonté de défendre l'indépendance de la Bretagne. Pour cela, elle rétablit la chancellerie de Bretagne, replace le siège de la Chambre des Comptes à Vannes, convoque les Etats à Rennes, publie des édits et fait promptement émettre de nouvelles monnaies de cuivre, d'argent, mais surtout d'or.Le monnayage d'or est un " droit régalien ", un privilège royal usurpé (mais, faute de mieux, toléré par le roi) par les princes les plus puissants, comme le prince d'Orange, le comte de Provence ou les ducs de Bretagne et de Bourgogne, qui manifestent ainsi leur volonté d'indépendance à l'égard du pouvoir centraliseur du roi de France.Les ducs de Bretagne ont frappé des monnaies d'or dès 1358-1360, puis en 1420-1423, mais ce droit ne leur fut accordé que par Louis XI en octobre 1465.Durant son veuvage du 7 avril 1498 au 8 janvier 1499, si les pièces d'argent et de cuivre sont de types assez neutres, le message politique de la Cadière, dont le dessin avait été confié à Jean Bourdichon, peintre du roi, est, quant à lui, très fort, notamment parce que la duchesse s'y fait représenter en majesté, avec tous les attributs de son pouvoir comme sur son sceau en usage avant la fin de l'indépendance (1489-1491). A l'avers, Anne apparaît couronnée, assise sur un trône, vêtue d'un manteau quasi royal agrafé sur une robe boutonnée et ornée de mouchetures d'hermine et de fleurs de lys rappelant ses titres de duchesse de bretagne et reine de France. Comme le roi, elle tient l'épée dans sa main droite, et de la gauche, le sceptre, signe de son autorité souveraine.La légende est elle aussi sans équivoque : ANNA D G FRAN REGINA ET BRITONVM DVCISSA (Anne, par la grâce de Dieu, reine de France et duchesse des Bretons). Cette devise rappelle son statut de reine, mais surtout réaffirme son pouvoir personnel sur le duché de Bretagne.La symbolique de cette iconographie rappelle l'écu d'or à la chaise de Philippe VI de Valois (1328-1350) qui s'était fait représenter bien assis sur son trône comme pour affirmer la légitimité de son pouvoir alors qu'il ne devait son accession qu'à l'éviction de sa nièce Isabelle.Le revers évoque, lui aussi, les symboles du duché puisque quatre hermines couronnées cantonnent une croix pseudolisée (le pétale central est remplacé par l'extrémité d'une hermine). L'invocation SIT NOMEN DOMINI BENE DICTVM (Que soit béni le nom du Seigneur), extraite du psaume 112.2, imite fidèlement la légende du monnayage d'or royal, mais elle est ponctuée d'hermines. Pour marquer l'origine nantaise de la pièce, un N droit apparaît à la fin de la légende, et un N oncial marque le coeur de la croix.Jean Kerhervé, professeur d'histoire médiévale à l'université de brest, souligne que " L'inscription d'une clause concernant le respect des types monétaires bretons dans le contrat de mariage d'Anne et de Louis XII (janvier 1499) confirme l'importance accordée à la monnaie dans la sauvegarde de l'identité politique bretonne à la veille de la Renaissance. A sa manière, la Cadelière d'Anne de Bretagne en apporte une évidente démonstration ".Les " Cadelières " conservées sont particulièrement rares, l'or étant fréquemment refondu pour de nouvelles frappes monétaires, mais on en connaît deux types certainement exécutés par le même graveur : le premier , au style plus médiéval et non millésimé, n'est connu qu'à trois ou quatre exemplaires.L'autre, où le style Renaissance commence à s'affirmer, connu à dizaine ou une douzaine d'exemplaires environ, présente la particularité d'être millésimé en chiffres arabes : 1498.Dans l'espace français, la Cadelière d'Anne de Bretagne frappée à Nantes, est la première pièce portant une date. Sur les monnaies royales françaises, des esais furent faits à partir de 1532, mais l'inscription du millésime ne se généralisera qu'après l'ordonnance d'Henri II (1547-1559) en 1549. De même l'identification des ateliers par une lettre est déjà présent depuis plusieurs siècles sur les monnaies des ducs de Bretagne, mais ce système ne sera définitivement adopté par la France que suite à la réforme de François I (1515-1547), le 31 janvier 1540.La Cadière d'Anne de Bretagne constitue donc également un jalon marquant dans l'importante innovation technique que connu la monnaie française durant la Renaissance.Pour souligner l'importance de cette monnaie on ne saurait faire meilleure conclusion que celle d'Adolphe Dieudonné, ancien conservateur du Cabinet des Médailles " quand Anne de Bretagne veuve de Charles VIII, reconquit la souveraineté de son duché, elle émit une fort belle pièce d'or au type de majesté, la Cadière, de sorte que la numismatique bretonne (...) s'éteint sur un chef-oeuvre ".Le musée Dobrée à Nantes conserve un exemplaire de la Cadière millésimé auquel vient de s'ajouter un exemplaire ne portant pas de date que le Cabinet des Médailles de la Bibliothèque nationale de France vient d'y déposer. Ces deux pièces sont à découvrir en exposition permanente. Gildas Salaün Musée Dobrée Domaine :NUMISMATIQUECollection antérieure :Collection : Parenteau, FortunéBibliographie :Référence bibliographique : BigotNotes : A., 1857, pp. 228-299, n° 1352, pl. XXXVII, n° 1ter Référence bibliographique : Poey-d'Avant F., Monnaies Féodales de France, 1858Notes : t. 1, pp. 188-189, n° 1399, pl. XXXV, n° 8 Référence bibliographique : Anne de Bretagne et son temps, 1961Notes : p. 47, n° 87 Référence bibliographique : cat 1973 (Monnaies nantaises et monnaies d'or)Notes : p. 7, n° 90 et ph. I, n° 90 Référence bibliographique : Arts de Bretagne, 14-20e siècle, Schallaburg, 1990Notes : I.48.11 pp. 101-102 Référence bibliographique : La Bretagne au temps des ducs, 1991Notes : p. 170-171 n° 209.8 Type d'information : Elément de comparaisonRéférence bibliographique : Annales de la Société Bretonne de Numismatique etNotes : Daniel Cariou, "L'annexion de la Bretagne par la France ne s'est pas passée simplement, ou comment les légendes des monnaies bretonnes révèlent les sursauts de l'histoire", ASBNH 1995, p. 33-35. Type d'information : Elément de comparaisonRéférence bibliographique : Ar MenNotes : Jean Kerhervé, "1498 : la monnaie d'or millésimée d'Anne de Bretagne", Ar Men décembre 1998, p. 62. Référence bibliographique : BSANLI, 1920Notes : T. 59/Voir le P.V. de la séance du 3 avril 1917, page XLIX. Type d'information : Elément de comparaisonRéférence bibliographique : Numismatique & ChangeNotes : Gildas Salaün, "La Cadière d'Anne de Bretagne, un témoin en or de la résistance bretonne", N&C juillet - août 2004 ; couverture et double page centrale. Référence bibliographique : Anne de Bretagne, une histoire, Nantes, 2007Notes : n° 86, p. 174 Exposition :Référence d'exposition : Anne de Bretagne, une histoire, Nantes, 2007Notes : n°85, p. 174 Référence d'exposition : Anne de Bretagne et son temps, 1961Référence d'exposition : Arts de Bretagne, 14-20e siècle, Schallaburg, 1990Référence d'exposition : La Bretagne au temps des ducs, Nantes, 1991Notes : musée Dobrée, Daoulas, abbaye de Daoulas, 1991, p. 170-171, n° 209.8 Référence d'exposition : Anne de Bretagne, une histoire, Nantes, 2007Multimedia :Multimedia : n-49d.jpg K:\MOBYDOC\IMAGESn-49r.jpg K:\MOBYDOC\IMAGESNuméros d'identification :
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