royal d'or

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Denomination
  • royal d'or

  • monnaie

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Description analytique

Avers/ le duc debout sous un dais gothique, tenant de la main droite le sceptre, la gauche est placée sur sa poitrine. Charles est revêtu du manteau ducal agrafé par une étoile d'or, à cinq rais, insigne de l'ordre de l'Etoile fondé par Jean II.Revers/ croix fleuronnée cantonnée de quatre pseudo-lis.

Désignation :Typologie : P.A. 463Notes : (Variante) Typologie : Bigot 397Création :Rôle de l'auteur : EmetteurAuteur : Charles de Blois, duc de BretagneNotes : CHARLES DE BLOIS, 1341-1364.Naissance vers 1317 - 1319, épouse Jeanne de Penthièvre en 1337. Il réclame le duché au nom de sa femme, fait hommage de la Bretagne au roi de France. Ce dernier lui envoie une armée et assiége Jean de Montfort dans Nantes. Il prend Guérande, Auray, Vannes et Carhaix en 1342. Il est pris au siège de la Roche-Derrien et transporté en Angleterre en 1347. Les hostilités continuent sous la conduite de Jeanne de Penthièvre. 1350, c'est l'avènement du roi Jean II, le Bon. 1352, Combat des Trente. Assemblée des États à Dinan par la comtesse de Blois pour la délivrance de son mari. En 1356, Charles est rendu à la liberté et laisse ses deux fils en otage. Il perd la couronne et la vie à Auray, le 27 septembre 1364. Exécution :Date d'exécution : 1358  Entre1359  EntreMatière et technique :Matière : orMesures :Mesures : Diamètre en cm  2,7Poids en gr  3,51Inscriptions / marques :Type d'inscription : LégendeLangue : LatinEmplacement : DroitTranscription : KAROL DEI / GRA BRITONV DUX Traduction : Charles par la grâce de Dieu duc des Bretons Type d'inscription : LégendeLangue : LatinEmplacement : ReversTranscription : + XP'C VINCIT XP'C REGNAT XP'C IMPERAT Traduction : Christ vainc, Christ règne, Christ commande Observations :Le royal d'or de Charles de Blois, état des connaissances Gildas SalaünLe 22 AOÛT 1358 Jean II (1350-1364) ordonne une première émission du royal d'or à 3,708 g, puis une seconde dès le 13 avril 1359 réduite à 3,547 g. Ce modèle fut immédiatement copié en Bretagne par son cousin Charles de Blois. Pour mémoire, en voici le descriptif détaillé :Atelier indéterminé.D/ + KARL DEI GRA / BRITANORU DUX, ponctuation par annelets pointés, le duc debout sous un dais gothique, ternant de la main droite le sceptre, la gauche est placée sur sa poitrine. Charles est revêtu du manteau ducal agrafé par une étoile d'or, à cinq rais, insigne de l'ordre de l'Etoile fondé par Jean II.R/ XPS VINCIT XPS REGNAT XPS IMPERAT, ponctuation par annelets pointés, croix fleuronnée cantonnée de quatre pseudo-lits. D. Cariou a montré que les imitations bretonnes semblaient suivre les émissions royales car les variétés de légendes commençant par KAROL ou KARL faisaient certainement échos à l'abréviation du nom du roi IOHANNES sur la première, puis IOH'ES sur la seconde. La comparaison des royaux d'or de Charles de Blois conservés dans les collections publiques, privées ou passés en vente aux enchères a permis d'établir une typologie encore plus fine basée notamment sur la forme de la couronne et la position de l'index gauche. La voici : 1re émission, type 1 : . parmi les trois pseudo-lis ornant la couronne ducale, celui du milieu est présenté de face, ceux de gauche et de droite, de profil. . l'index est orienté vers le R de BRITANORU. 1 exemplaire vente Bourgey, du 5 au 8 décembre 1927, n 1213. 1 exemplaire vente Vinchon, 23 et 24 avril 1976, n 438 ; 3,28 g. 1 exemplaire vente Bourgey, 17 et 18 juin 1985, n 321 ; vente Bourgey, 21 avril 1989 ; acquis par le musée de Bretagne de Rennes, inv. 1989. 32,1 ; 3,45 g. 1 exemplaire au musée Dobrée N-23 ; 3,51 g. Poids moyen : 3,413 g. 1re émission , type 2 : . les trois éléments qui ornent la couronne ducale sont représentés de face. . l'index est orienté vers le U de DUX. . variété DUx. 1 exemplaire vente de la collection Claoué par le Crédit de la Bourse, du 26 au 28 avril 1993, n 1498 ; 3,48 g. 1exemplaire, BnF 6891 ; 3,48 g. Poids moyen : 3,48 g. 2e émission type 1 : les pétales des pseudo-lis sont orientés vers le bas. le U de DUX est très évasé. 1 exemplaire vente de la collection Guibourg par Vinchon, 9 et 10 décembre 1974, n 512 ; n 166. 1 exemplaire vente Vinchon, 10 décembre 1997, n 512 ; 3,51 g 1 exemplaire au musée Dobrée N-2973 ; 3,55 g. Poids moyen : 3,53 g. 2e émission, type 2 : les pétales des pseudo-lis sont orientés vers le haut. 1 exemplaire vente Vinchon, 22 et 23 octobre 1963, n 254 ; 3,58 g 1 exemplaire vente Vinchon, 24 et 26 avril 1996, n 553. 1 exemplaire à la BnF, Monnaie Féodale 689 ; 3,57 g. Poids moyen : 3,575 g. Total : 12 exemplaires. Voici à titre indicatif, le même détail sur un royal de la 2e émission de Jean II du 15 avril 1359, Dy 293 a : Ainsi, pour chacune des émissions bretonnes, cette typologie met en lumière deux coins différents, peut-être utilisés dans deux ateliers distincts, on pense bien sûr immédiatement à Nantes et Rennes, mais malheureusement toute attribution formelle reste impossible. Par ailleurs, on remarque que curieusement les exemplaires attribués à la deuxième émission supposée sont plus lourds (3,53 g et 3,575 g) que ceux de la première (3,413 g et 3,48 g), ce qui est parfaitement anormal. De plus les résultats n'analyses physiques pratiquées par Mme Lemarquant du laboratoire E. Babelon (CNRS) à Orléans (voir le tableau suivant) montrent un maintien du titre des royaux bretons. Titre des royaux d'or de Charles de Blois Type Références % d'or1re émission, type 1 Musée Dobrée N-23 99,82e émission, type 1 Musée Dobrée n-2973 99,62e émission, type 2 Coll. privée 99,8 Si l'on admet que ce panel malheureusement réduit est malgré tout représentatif, il ne peut y avoir que deux explications : Soit il faut inverser le classement actuel et admettre que le IOHANNES royal était rendu en Bretagne par un KARL, et le IOH'ES par un KAROL. Soit un renforcement local, exclusivement limité aux monnaies d'or. Ceci est tout à fait possible car les manipulations des monnaies d'argent concernaient rarement celles d'or, et inversement. Pourquoi un tel renforcement ? Peut-être pour soutenir le grand commerce breton, d'autant qu'on se souvient qu'aucune monnaie d'or de Charles de Blois n'a été trouvée en Bretagne. Mais il convient de relativiser ce renforcement car il s'agit plutôt d'un simple ajustement sur la monnaie royale (voir plus haut). Enfin, quoiqu'il en soit, la vieille hypothèse d'une simple frappe de prestige est de moins en moins probable. En effet, la production simultanée, suivie et visiblement contrôlée dans deux ateliers indique sans conteste une frappe soutenue et lucrative. --------------------------------------- ----------- A propos du royal d'or de Charles de Blois Daniel Cariou Les guerres de successions en Bretagne ont provoqué l'apparition d'un monnayage d'imitation qui était une manière de financer le conflit. Chacun des prétendants à la couronne ducale copie des modèles monétaires étrangers, mais il en affaiblit le poids et l'aloi. Il espère ainsi faire circuler des espèces affaiblies sur le pied des espèces imitées et même les exporter auprès d'un public étranger peu averti et surtout illettré. Charles de Blois, le prétendant des Fraçais, va copier, surtout, des types fraçais, quelques types flamands. Les Montfort vont imiter des pièces fraçaises, flamandes, anglaises. La guerre dure de 1341 à 1365, à moins que l'on n'y inclue les épisodes qui, après la mort de Charles de Blois à la bataille d' Auray, opposeront le roi de France Charles V au duc Jean IV. Dans ce cas l'on fait se terminer la guerre de succession au second traité de Guérande en 1381. Des Montfort, on n'a retrouvé aucune monnaie d'or, alors que de Charles on connait un franc à cheval et des royaux d'or. Le royal d'or de Charles de Blois est peut-être le " Loyal de Bretagne " signalé dans les comptes de Jehan Mauléon, trésorier de l' Epargne et receveur général des profits de monnaies de Moncontour, entre 1414 et 1421 : " Nobles. Vieils moutons. Florins de Bretaigne. Loyaux de Bretaigne. " (Alexis Bigot, Essai sur les Monnaies du Royaume et Duché de Bretagne, Paris, 1857, d'après Dom Morice, Pr. II, col. 1109). (Cité parmi les pièces justificatives d' Alexis Bigot, page 379). Le royal breton imite le royal d'or de Jean le Bon, émis à partir du 22 août 1358. Au droit, sous un dais gothique, le roi debout et couronné tient un sceptre ; la légende porte sa titulature : IOHANNES : DEI / GRA : FRANCOR'. Au revers, une croix fleuronnée et feuillue incurvée en coeur où l'on voit un fleuron, et accostée de quatre lis sous un polylobe. En légende, la devise royale : + XP4C : VINCIT : XP'C : REGNAT : XP'C : IMPERAT : Christ vainc ! Christ règne ! Christ commande ! Il existe une deuxième émission de cette pièce ( 15 avril 1359) ; la légende au droit devient alors : IOH'ES DEI GRA / FRANCORV REX. Ces deux émissions sont en or pur ; le poids de la première est officiellement de 3,708 grammes, celui de la seconde de 3,549 grammes et la cours de chacune est de 25 sous tournois. Le royal de Charles de Blois suit la même description, à l'exception de la titulature, qu'Alexis Bigot décrit ainsi sur un exemplaire unique : KARL : DEI : GRA / BRITONV : DVX, ajoutant que le duc porte sur la poitrine une étoile à cinq branches qui serait l'ordre de l'étoile fondé par le roi Jean II. Comme on le voit, cette description rapprocherait le royal de Charles de Blois de la deuxième émission de royaux de Jean II le Bon : KAROLVS abrégé en KARL (pour IOH'ES), éventuellement BRITONV pour FRANCORV. A ma connaissance, aucun catalogue ne s'est penché sur une éventuelle variété de légende de cette monnaie, varièté qui pourrait penser aussi à une première émission de royaux de Charles. Or, cette variété de légende existe, mais quelquefois même elle n'est pas lue par les catalogues de vente qui se contentent de reproduire la légende de l'autre variante telle qu'elle est rapportée par Alexis Bigot. Ainsi, j'ai pu retrouver quelques exemplaires d'un royal de Charles de Blois varié : - vente Bourgey des 17 et 18 mai 1985, n 221 ; poids d' exemplaire 3,45 grammes ; KAROL : DEI : GRA / BRITANORV : DVX, pour autant que la photo du catalogue permette de le lire ; - vente Crédit de la Bourse, 26-27 et 28 avril 1993, n 1498 - collection Claoué, même légende, poids 3,48 grammes ; - exemplaire du Musée Dobrée ( catalogue de l'exposition de Daoulas, n 23.3, même légende, poids d'exemplaire 3,51 grammes. Nous sommes moins riches d'informations sur la variante " KARL " dont on peut citer les exemplaires suivants : - exemplaire étudié par Alexis Bigot ; poids indiqué 77 grains, ou 4,092 grammes, ce qui en tout état de cause semble impossible ; - exemplaire de la vente Vinchon de décembre 1974 ( collection Emile Guibourg ) ; poids non indiqué, exemplaire un peu usé ; - exemplaire de la vente Vinchon d'avril 1996, poids non indiqué. Il reste beaucoup d'autres exemplaires sans doute à étudier, c'est une piste à explorer pour les futurs chercheurs. Je crains toutefois que les poids d'exemplaires ne nous aident pas beaucoup si les pièces étudiées sont par ailleurs défectueuses. On voit que les royaux à la légende " KAROL " pèsent entre 3,45 g et 3,51 g, ce qui est homogène, mais sur trois pièces seulement. Que peut signifier le changement de légende ? Peut-être un changement d'atelier ? Rennes ou Nantes ?Le souci de l'époque n'est pas de faire apparaître clairement la marque d'atelier sur une monnaie d'or, mais cette hypothèse ne peut être toutefois complètement rejetée. Il est plus séduisant d'y voir une homothétie par rapport aux légendes des deux émissions de Jean le Bon : KAROL pour IOHANNES, KAR'L pour IOH'ES. Dans cette hypothèse on confirmerait les dates d'émission du royal de Charles de Blois. En effet les changements de types sont toujours plus utiles pour dater des monnaies que les types eux-mêmes, car ils correspondent à des dates charnières et précises. Si Charles de Blois a été contraint d'aligner sa monnaie sur la seconde émission de royaux de Jean, c'est qu'il avait déjà frappé des royaux du temps de la première, au même cours de 25 sous tournois ; il ne pouvait continuer à frapper des royaux sur-évalués. Cela veut dire que les premièrs royaux de Charles de Blois sont strictement contemporains de la première émission de Jean, c'est-à-dire peu après le 22 août 1358, jusqu'à avril 1359. Et que Charles a ensuite fait frapper la deuxième émission, à partir d'avril ou mai 1359. Le système de la date-charnière permet ainsi de vérifier la concomitence parfaite de l'imitation avec la fabrication du modèle imité, alors qu'il n'était pas exclu qu'il se passe plusieurs années entre les deux. On découvre là, peut-être, une évidence, mais le système de la date-charnière en apporterait la preuve. Ainsi, par cette hypothèse, nous ouvrons une piste, qui mérite d'être validée par l'étude d'autres exemplaires, et peut-être par la compilation d'autres articles qui ne seraient pas parvenus jusqu'à nous. Domaine :NUMISMATIQUEBibliographie :Référence bibliographique : cat 1973 (Monnaies nantaises et monnaies d'or)Notes : cat 1973 n° 254 Référence bibliographique : La Bretagne au temps des ducs, 1991Notes : p. 38-39. n° 23.3 Type d'information : Elément de comparaisonRéférence bibliographique : Bulletin de la Société française de numismatiqueNotes : Gildas Salaün, "Remarques sur le monnayage de Charles de Blois", BSFN mai 1997, p. 78-82. Type d'information : Elément de comparaisonRéférence bibliographique : Annales de la Société Bretonne de Numismatique etNotes : Daniel Cariou, "A propos du royal d'or de Charles de Blois", ASBNH 1996, p.24-25.Gildas Salaün, "Le royal d'or de Charles de Blois, état des connaissances", ASBNH 2001, p. 21-22. Exposition :Référence d'exposition : La Bretagne au temps des ducs, Nantes, 1991Notes : musée Dobrée, Daoulas, abbaye de Daoulas, 1991, p. 38-39, n° 23.3 Multimedia :Multimedia : n-23d.jpg K:\MOBYDOC\IMAGESn-23r.jpg K:\MOBYDOC\IMAGESN-23e1.jpg K:\Mobydoc\ImagesN-23e2.jpg K:\Mobydoc\ImagesNuméros d'identification :Numéro d'inventaire : N-23Autre numéro :
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