Chapiteau d'une colonne engagée

Description analytique

A partir de l'an mille, la sculpture n'est plus réservée à la décoration de l'autel et des tombeaux, elle se développe et s'adapte aux formes architecturales.
Au porche de l'église, aux fenêtres, aux chapiteaux, la sculpture est partout présente et contribue à exprimer le message de l'église : enseigner la vie du Christ, le jugement dernier, la lutte contre le mal, le diable, les péchés en les représentant.
L'église est le livre des illettrés ; elle est la Bible de pierre. Le sculpteur s'inspire de sources nombreuses : le goût pour les fleurs, les feuillages vient de l'Antiquité grecque et romaine.
Des bestiaires attribuent aux animaux des qualités ou des symboles. La représentation de l'homme et de l'animal est très libre ; le sculpteur déforme, recompose les corps à partir d'éléments connus ou imaginaires.

Dans les régions de l'ouest, l'art oriental fournit fréquemment une inspiration aux sculpteurs qui ne se préoccupent pas d'y trouver un sens iconographique en conformité avec le monument.
Le chapiteau, engagé dans un dosseret, est taillé dans le même bloc de pierre. Le traitement de la sculpture est assez sommaire. Ainsi, le visage et les vêtements paraissent rigides, contraints.
La présence des deux animaux fantastiques, ailés, près de l'homme à deux paires d'yeux, confirme cette influence orientale.
Il est probable que ces motifs ont été transmis en Occident dès le VIIIe siècle par l'entremise des tissus, principalement coptes (cf. salles archéologie).
Le sphinx ailé peut également provenir de Mésopotamie, par l'entremise de l'art grec, puis par les monuments funéraires romains, de l'art paléochrétien et préroman.

Texte descriptif

Chapiteau d'une colonne engagée : homme barbu à deux paires d'yeux présentant un sphinx et un dragon, 0,51 x 0,47 x 0,50 m, Nantes, déambulatoire du chœur de la cathédrale (démolition de 1874), calcaire, fin XIe, 876.5.7

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