Premier jeton

Description analytique

Ce jeton est en quelque sorte commémoratif. En effet, le millésime de l'avers, 1557, n'indique pas la réutilisation d'un coin ancien, mais est plus certainement un rappel de l'année de naissance d'Ymbert. De même, la curieuse association des armes de Nantes et d'Angers au revers évoque ses origines.

Ce jeton date, sans aucun doute, de 1602, année de l'élection d'Ymbert au poste d'échevin. Bien que le millésime change, il est très probable que le coin d'avers de ce jeton ait été gravé en même temps que l'avers du 3e type (également différenciés par les points en début et fin de légende).

*D'après le Livre Doré (p. 201) la légende figurant au droit de ce jeton " se lisait naguère sur la façade d'une maison de la rue de Richebourg, et l'on a cru voir quelque rapport au bénéfice des trois-pendus, situé non loin de là. Nous pensons plus volontiers que cette inscription indiquait simplement la maison d'Ymbert Dorléans ".

Extrait d'une publication du BSAN de 1859 :

La maison de la rue Richebourg qui porte le n°21 est appelée : Maison des 3 pendus ; elle présente à sa façade une pierre carrée entourée d'une guirlande de petits cercles ressemblants à des oves. Au milieu de cette pierre se lit l'inscription suivante : " INTELLIGE PRIVSQVAM DISCVTIAS ", avec la date1595 mise en dessous.

On croit voir dans cette inscription une allusion à une erreur de la justice criminelle dont 3 habitants de la maison furent victimes, telle est la tradition du quartier.

Extrait de l'ouvrage NOTICES sur les rues, ruelles, cours, impasses etc….. de la Ville de Nantes de M. Edouard PIED :

Le nom de la rue des 3 pendus se rattachait toujours dans le public, à une légende, demeurée la même puisque dans une lecture faite en 1850 à la Société Archéologique, il est encore question de l'inscription " INTELLIGE PRIVSQVAM DISCVTIAS ", gravée sur une pierre et encastrée dans la façade d'une maison de cette rue, laquelle inscription était destinée à perpétuer le souvenir du fait tragique qui se serait passé en ce lieu : des malheureux, soupçonnés d'être les coupables avaient été arrêtés à la suite d'un crime commis en cette maison et avaient été exécutés. Leur innocence fut reconnue postérieurement et on avait voulu ainsi en faire constater le bien fondé. Cette pierre, retrouvée au moment où on s'occupait de la réfection du jardin des plantes, fut recueillie par M. le docteur Ecorchard, qui la fit placer sur le mur de la maison, actuellement occupée par M. le directeur du Jardin des plantes.

Les dissertations sur cet événement n'ont pas cessé, et dernièrement encore la question fut réveillée ; des esprits chercheurs ont rapproché la légende de la devise inscrite sur un jeton de 1557 de l'échevin Ymbert d'Orléans, marchand sieur de Beauvoir et de la Grélière. Le doute aura disparu lorsqu'il sera prouvé que notre échevin y avait sa demeure.

Texte descriptif

D/INTELLIGE PRIVSQVAM DISCVTIAS* Traduction de la légende : " Réfléchis avant de parler " 1557. Ecu d'argent au chevron de gueules, surmonté d'un phœnix à la tête radiée, portant sur sa poitrine en cartouche aux lettres IHS et accosté de deux étoiles de gueules, accompagné en pointe d'un croissant soutenant trois lis de jardin. Palme et branche d'olivier entourant l'écu.

R/DORLEANSIL. AEDIL. NANNET. ADEGA.CALCVLI. 1602. Jetons de Dorléans, édile de Nantes et d'Angers. Ecu mi-parti aux armes des villes d'Angers et de Nantes, entouré de la Cordelière 2 exemplaires au Musée départemental Dobrée à Nantes.

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