Histoire du site

Entre 1805 et 1827, le sculpteur Lemot se livre à la création d’un paysage idéalisé s’inspirant des grands jardins paysagers et pittoresques du 18e siècle.

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Dans ce bois de la Garenne, ancien territoire de chasse des seigneurs de Clisson de treize hectares, il compose avec l’architecture et les végétaux.  Il crée une suite d’espaces évoquant l’antique Paradis perdu, le Moyen Âge et l’Histoire, fait s’élever une maison de style rustique à l’italienne, une villa néoclassique et des « fabriques » ornementales…

François-Frédéric Lemot (1771 – 1827)

François-Frédéric Lemot naît le 4 novembre 1771 à Lyon, d’un père menuisier. Très tôt formé au dessin et sensible à l’art, il est admis en 1785 à l’Académie royale de peinture et de sculpture, où il a pour maître le sculpteur Dejoux.
Il obtient en 1790 le Grand Prix de Rome en sculpture, avec un bas-relief : Le Jugement de Salomon et part à Rome comme pensionnaire à l’Académie de France. Commence alors pour lui une carrière prometteuse d’artiste officiel,  œuvrant sous différents régimes politiques pendant plus de trente ans.
Début 1805, Lemot est invité à Clisson par ses amis Pierre-René Cacault, peintre, et François Cacault, diplomate et collectionneur. Il découvre leur musée et est séduit par le grand caractère du site clissonnais qui lui rappelle l’Italie. Le 26 juin, il achète le bois de la Garenne, alors planté de chênes…C’est le commencement d’une œuvre véritable, parallèle à ses chantiers parisiens, de paysagiste autant que d’architecte. 
Le 5 mai 1827, Lemot reçoit l’acte signé de Charles X par lequel ses terres de Clisson sont érigées en baronnie. Ultime joie, la veille de sa mort, quand il s’éteint dans son appartement parisien.

Joseph Gautret (1771 - 1851)

Sur les conseils de son ami Pierre Cacault, Francois-Frédéric Lemot sollicite Joseph Gautret, fonctionnaire municipal à Clisson, pour le suivi des travaux de la Garenne. Ce géomètre-expert clissonnais se consacre à l’aménagement du parc de Lemot. De 1806 à 1827, les deux hommes entretiennent une correspondance qui constitue une source documentaire exceptionnelle pour l’histoire du domaine. Plus de cinq cents lettres et des carnets aident à comprendre l'histoire du domaine : les plantations du parc, la surveillance des constructions ou l'achat de métairies, source de revenus, y sont évoqués. Sa relation avec les Cacault et Lemot le rend plus sensible au goût pour l'architecture rustique à l'italienne. Parallèlement à sa carrière municipale qui le mène à assurer les fonctions de juge de paix du canton de Clisson, Gautret poursuit une activité de régisseur auprès de nouveaux propriétaires de domaines souvent constitués à partir de biens nationaux.

Mathurin Crucy (1749 -1826)

Fils d'un entrepreneur de bois de charpente, Mathurin Crucy, nantais d’origine, poursuit des études à l'Académie royale d'architecture de Paris dès 1771. Lauréat du premier prix de l'Académie en 1774, il part à Rome pour quatre ans et y découvre les sites antiques dont il s’éprend vite. À son retour à Nantes, il est sollicité comme architecte-voyer et met en chantier l'aménagement du quartier Graslin, des cours, de l'île Gloriette et l'édification de plusieurs bâtiments publics : halles, bains publics, bourse et théâtre. C’est l'introduction du style néoclassique dans l'urbanisme nantais.
Crucy est choisi par Lemot pour participer à la création de son domaine clissonnais. Comme lui, il connaît bien la campagne romaine et son architecture rurale. Celle-ci sert de modèle à la maison du jardinier de la Garenne dont les premiers plans datent de 1808, mais il est difficile de savoir qui, du sculpteur ou de l'architecte, eut l'idée de s'inspirer de cette architecture si pittoresque. En 1821, les relations entre les deux hommes se détériorent et Crucy, fatigué, se retire.

Barthélémy Lemot (1810 - 1883)

Après une jeunesse parisienne, le fils du sculpteur choisit de s'établir à Clisson à partir de 1841. Devenu homme politique, Barthélémy Lemot n’en reste pas moins très attaché au domaine familial de la Garenne Lemot. Il poursuit en effet le projet de son père en apportant néanmoins quelques modifications aux plans préalablement établis de la villa. C’est à lui qu’on doit le belvédère,  la colonnade en hémicycle à la romaine et la galerie des Illustres du premier étage « fixant à jamais par des médaillons sculptés les traits de Lemot et ses amis, hommage posthume au sculpteur qui avait rêvé de faire de la Garenne un centre artistique vivant ».