Paul Thoby

Médecin et chirurgien nantais, le docteur Paul Thoby était aussi un érudit et un collectionneur passionné. Il fut également très investi dans la gestion et la vie du musée Dobrée, jusqu’à en assurer la direction pendant quelques années.

Paul-Thoby F388 1-B40 Portrait de Paul Thoby, chirurgien et passionné d'art, musée Dobrée

Paul Thoby, médecin à Nantes

Né à Nantes le 4 juillet 1886, Paul Thoby fait ses études secondaires à l’institution Saint-Joseph d’Ancenis. Puis il s’oriente dans le domaine de la santé, fait son internat à l’hôpital de Nantes et termine ses études à Paris où il soutient sa thèse de médecine en 1913.

Il revient ensuite à Nantes où il ouvre un cabinet de chirurgie générale le 21 janvier 1914. Mobilisé lors de la Première Guerre Mondiale, il sert comme chirurgien sur le front et est récompensé par la Croix de Guerre.Après la guerre, il exerce dans les cliniques nantaises Notre-Dame de Lorette,

Saint-Martin, et de la place Catinat. Il est aussi médecin à l’hospice Lejeune de Saint-Etienne-de-Corcoué et médecin-chef à l’hôpital de Saint-Gildas-des-Bois.

Il est fait Chevalier de la Légion d’Honneur, au titre de la Santé Publique, le 1e mai 1956.

 

Paul Thoby, conservateur du musée Dobrée

Admis au sein de la Société archéologique et historique de Nantes et de Loire-Atlantique en 1920, puis membre de la commission administrative du musée Dobrée à partir de 1931, il en devient conservateur adjoint en 1934. Cette même année, il prend la présidence de la Société des Amis du musée Dobrée tout juste créée par ses soins. En 1951, à la suite du décès du conservateur Bernard Roy, il assure l’intérim de la direction du musée jusqu’à l’arrivée de Dominique Costa, en 1955.

Très attentif à l’enrichissement des collections du musée, il fait acheter quelques œuvres médiévales dès 1953. Ainsi, la statue de Saint-Georges datée de la fin du 15e siècle (953.1.1) provient d’un achat en vente publique ; la statue de Saint-Éloi de la fin du 15e siècle (953.7.1), la monstrance (953.7.2) et le diptyque en ivoire daté du 14e siècle (953.7.3) sont acquis auprès de la galerie parisienne Brimo de Laroussilhe. Il complète ces acquisitions par un livre d’heures à l’usage de Rome (954.2.1) et un manuscrit enluminé de la fin du 15e siècle.

Proche du marquis de La Ferronnays, il semble aussi avoir joué un rôle important dans le don au musée, en 1955 par la marquise de la Ferronnays, d’une belle vierge en ivoire datée du 13e siècle.

 

Le legs de Paul Thoby au musée Dobrée

Paul Thoby est aussi collectionneur. À partir des années 1920, il collectionne en effet les objets d’art religieux médiéval, avec un intérêt tout particulier pour les ivoires gothiques, mais également des pièces historiques liées aux guerres de Vendée, un sujet auquel il est très attaché, et des œuvres des 17e et 18e siècles. Dans son bureau se côtoient de précieuses collections d’ivoires, d’orfèvrerie, d’émaux de Limoges, d’incunables et de sculptures ainsi que de très nombreux livres (près de 5 000 volumes à la fin de sa vie) se rapportant principalement à l’art médiéval et à la période révolutionnaire, et des dessins et estampes de Nantes et de ses environs réalisés aux 19e et au début du 20e siècle.

Il aborde sa collection privée avec une rigueur proche de celle d’un conservateur, accumulant une importante documentation comparative et tenant un inventaire rigoureux s’inspirant clairement des méthodes muséales.

À sa mort, le 1e avril 1969, il lègue au musée Dobrée sa bibliothèque, ses archives et sa documentation photographique, ainsi que 287 objets de sa collection dont l’ensemble de ses ivoires. Sur les 27 ivoires médiévaux du musée Dobrée aujourd’hui, 19 proviennent ainsi de la collection Thoby.